Adulte, Chroniques romans, Témoignage/biographie, Tranche de vie

Kukum

Titre: Kukum

Auteur: Michel Jean

Editeur: Dépaysage

parution: Janvier 2020

Genre: Tranche de vie/ biographie/voyage

4ème de couverture

Au soir de sa vie, grand-mère (kukum, en langue innue) depuis longtemps déjà, Almanda Siméon se retourne sur son passé et nous livre son histoire, celle d’une orpheline québécoise qui tombe amoureuse d’un jeune Amérindien puis partage la vie des Innus de Pekuakami (l’immense lac Saint-Jean), apprenant l’existence nomade et brisant les barrières imposées aux femmes autochtones. Centré sur le destin singulier d’une femme éprise de liberté, ce roman relate, sur un ton intimiste, la fin du mode de vie traditionnel des peuples nomades du nord-est de l’Amérique et les conséquences, encore actuelles, de la sédentarisation forcée. Son auteur Michel Jean, descendant d’Almanda Siméon, est un journaliste reconnu au Québec.

Mon Avis

Pour commencer, merci à la masse critique de Babelio grâce à laquelle j’ai pu recevoir ce magnifique ouvrage qui m’a littéralement transportée.
Petites anecdotes autour de cette lecture : 1) Le récit se déroule au même endroit que la saga « L’enfant des neiges » (Marie Bernadette Dupuy), dont j’ai chroniqué le premier livre mais que j’ai lu en entier. J’aime retrouver des paysages, des noms, chez des auteurs différents.
2) J’avais une petite appréhension à lire ce livre maintenant. En effet une semaine avant que je me lance, un accident de motoneige s’est produit exactement à cet endroit, 5 français y ont perdu la vie. Mais je suis heureuse d’avoir finalement pu entamer ma lecture. Le respect de la vie que j’y ai trouvé a apaisé mon appréhension du départ.

Bien, voyons l’histoire. Il s’agit d’ Almanda, une orpheline élevée par son oncle et sa tante au bord du lac St Jean au Québec. La jeune femme n’aime guère la vie qu’elle mène et la rencontre d’un Innu, Thomas va tout bouleverser. Pour lui elle va abandonner ce qu’elle connait pour se lancer dans une aventure nomade, celle des amérindiens de cette région. Nous allons dés lors vivre en leur compagnie, connaître leur façon de penser, leurs traditions, leur mode de vie. A travers cette femme qui cherche la liberté, nous allons nous immerger dans la culture Innue et finalement… petit à petit, comprendre ce qui leur est arrivé lorsque le progrès, cette machine infernale, est parvenue jusque là et les conséquences qui se répercutent jusqu’à aujourd’hui encore.

Cette histoire vraie, je l’ai lue d’une traite. Almanda revient sur son adolescence, et sa vie de femme avec Thomas, elle nous conte dans le détail sa vie de femme étrangère chez les innue, qui devient bientôt sa façon d’être à elle. A travers son récit on découvre des valeurs, une gentillesse sans borne de la part de ces Amérindiens. Une générosité et une solidarité qui n’est que rare aujourd’hui. On prend une sacrée leçon de vie. On oublie un peu notre confort pour s’immerger totalement dans le quotidien d’ Almanda et Thomas. La plume de l’auteur nous facilite les choses. C’est limpide, simple, tout en étant une vraie claque… Oui car une fois la liberté atteinte, le bonheur obtenu, Almanda va se voir forcée de changer à nouveau. Le temps avance, il faut vivre avec, le progrès débarque, les usines, la déforestation aussi… Mais que se passe t’il ? Jamais je n’ai cessé de me demander pourquoi mais pourquoi n’a t’on pas laisser tout ces gens en paix… Mais non. Il a fallut qu’ils rentrent dans le rang, si tant est que c’était réellement possible. Je ne vous spoilerai pas la suite mais c’est toujours avec une immense tristesse que je vis la fin de ces modes de vie, la fin de ces tribus, de ces familles.

Certes je ne suis pas du tout objective sur le sujet. Je suis amoureuse de la nature et des premières personnes qui la peuplait autrefois. J’aime leur façon de vivre et de penser. Je pense qu’on aurait gagné à apprendre davantage de toutes ces personnes. mais là n’est pas le sujet de cette chronique, c’est simplement pour indiquer combien cette lecture m’a prise à la gorge. J’ai été immergée de la première à la dernière page. L’auteur m’a fait vivre aux coté de son arrière grand mère. J’étais juste à coté d’elle tout du long. J’ai ris et pleuré, j’ai appris, et finalement, j’ai eu beaucoup de mal à en sortir. Ce qui m’a aidé, ce sont les quelques passages où on se détache du moment passé, de l’histoire, et où Almanda nous donne son avis sur le présent. Ce sont de magnifiques moments qui me rappelle combien ma propre grand mère se sentait en décalé avec notre société actuelle.

En résumé, j’ai été comblée. Dépaysée, j’ai vécu dans la neige, au milieu des forêt, le temps d’un livre. J’ai vu la fin d’une vie nomade et un peu mieux comprit ce que cela peut faire à toute une population. Il n’y a pas tant de pages que ça (296), pourtant cela m’a parut si riche… Si vous aimez les Amérindiens, les beaux paysages, découvrir d’anciens modes de vie, ce récit est pour vous. De mon coté, comme c’est une biographie il n’y aura pas de note, comme toujours, mais ce livre est gravé dans mon coeur…

1 réflexion au sujet de “Kukum”

Un petit mot est toujours lu et très apprécié

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